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Saint Sernin,
tombeau de Saint Saturnin
 

La plus ancienne version de la Passion de saint Saturnin, un texte élaboré au Ve siècle, à partir d’un récit antérieur, nous a transmis les informations les plus solides sur l’évêque martyr. Elle raconte aussi comment l’un de ses successeurs, peut-être au début du IVe siècle, l’évêque Hilaire, fit rechercher sa tombe, qui était restée discrète,  dans un terrain couvert d'herbe. Il retrouva le cercueil en bois et, afin de lui rendre un plus grand honneur et sans doute mieux le protéger, fit construire une memoria, petite basilique édifiée avec des matériels ordinaires, dont nous ne savons avec certitude le lieu.

Naissance et développement d’un culte

La tradition populaire toulousaine assure que ce premier lieu de culte était proche de l'emplacement actuel de l'église Notre Dame du Taur (anciennement appelée Saint-Sernin du Taur).

Ainsi, c'est dans une première basilique modeste que des assemblées de fidèles commencèrent à célébrer la mémoire de celui qui avait rejoint les rangs des saints par son combat héroïque en faveur du Christ.  Autour de la basilique d'Hilaire, la Passion nous rapporte que de nombreux chrétiens se faisaient inhumer au point "que tout cet endroit avait été rempli d'une multitude de corps ensevelis".

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  Passio sancti saturnini
(traduction P. Cabau)
 

À la fin du IVe siècle, dans l’élan d’une Église reconnue et soutenue par l’empereur Théodose, au moment où l’on fermait les temples païens, l’évêque Silve entreprit, pour amplifier le culte du martyr, la construction d’une nouvelle et somptueuse basilique. Elle fut achevée autour de 400 par l’évêque Exupère, qui procéda à la translation du corps de  Saturnin dans son abside. Il y fut déposé dans un sarcophage de marbre. De cette basilique paléo-chrétienne, il ne reste plus rien de visible excepté les fondations romaines et le niveau du sol, qui ont été dégagés lors de fouilles et sont visibles dans l’actuelle crypte supérieure de Saint-Sernin, ainsi qu'un reste de colonne en marbre dans la l'actuelle crypte inférieure.

Le remplacement de cette église funéraire  par l’actuelle basilique, chef-d’œuvre de l’art roman, à partir du dernier tiers du XIe siècle, n’affecta pas la position du sarcophage. Il fut respecté, sous terre, dans la confession alors aménagée, sous le sanctuaire et la table d’autel de marbre consacrée en 1096 par le pape Urbain II. Le tout fut entouré d’un déambulatoire à la mesure des foules attirées par les vertus du saint

En 1258, on exhuma le sarcophage. En 1284, on l’éleva à l’étage d’un baldaquin-mausolée d’architecture gothique, dans une châsse d’argent encore visible sur la peinture à l'huile du mur Nord du choeur. À cet étage on substitua enfin au XVIIIe siècle le baldaquin actuellement visible. Le tombeau antique de marbre y est toujours, dans le sarcophage de bois doré surmonté de la figure baroque de Saturnin en apothéose. Derrière, fut dressé un autel sur lequel est conservé, dans un buste-reliquaire, ce qui reste du crâne du martyr.

 
 
Mise en ligne le Jeudi 28 Novembre, 2013