LA PAROISSE

Quelle fécondité de nos vies ?

28 Juin

Quelle est la fécondité de nos vies ? Comment peuvent-elles être féconde ? Cette question nous traverse les uns et les autres à un moment ou à un autre. Ce n’est pas un orgueil mal placé que de rechercher cette fécondité, au contraire cela répond au commandement du Créateur. Croissez et multipliez.

 

« Hélas, elle n’a pas de fils, et son mari est âgé. » Fonder une famille est la forme première et naturelle de la fécondité. Elle se développe dans l’éducation des enfants par les apprentissages de l’amour et de la liberté, par transmission des savoirs et du patrimoine. Cette forme première n’est pas la forme exclusive, il y a des fécondités sociales, culturelles, artistiques et spirituelles qui s’ajoutent ou se substituent à la première.

Ici, cette femme est privée de cette fécondité naturelle à laquelle elle aspire. Elle figure toutes les personnes blessées dans leur fécondité. Cette épreuve peut être redoublée par l’adversité des éléments qui nous entourent, le défaut des soutiens attendus (ici le mari âgé) et faire douter de la pertinence de sa vie en ce monde. Un autre danger peut venir de la contestation même de l’opportunité d’être fécond, soit en déclarant qu’une vie peut ou doit n’être que centrée sur elle-même (individualisme) soit que la fécondité présente un danger pour l’environnement (écologie antihumaniste). Cela peut nourrir un désespoir car l’homme étant né d’une fécondité naturelle, il y a en chacun de nous l’appel à répondre à cette fécondité.

« Faisons lui une petite chambre sur la terrasse. » Il n’est pas étonnant que le mot « générosité » (libéralité) ait la même racine que le mot «  génération » (fécondité). L’accueil généreux de cette femme riche pour le saint homme de Dieu illustre une fécondité sociale. Elle fait une part de sa fortune en faveur du prophète Elisée. La réponse d’Elisée qui lui promet un fils lui manifeste la nature profonde de son geste. Même si tous les actes généreux ne sont pas accompagnés des naissances parfois espérées, ils sont porteurs de vie. La vie en société est très dépendante de cette générosité sociale. Le zèle dans l’exercice de son devoir, le temps offert au-delà du temps de travail, l’attention donnée au-delà de ce qui est communément admis sont ces dons généreux qui suscitent la vie autour de nous.

« Celui qui aime son père ou sa mère, (son fils ou sa fille ou sa propre vie) plus que moi n’est pas digne de moi ». Jésus nous révèle qu’Il est l’instrument de toute fécondité. Il est le Fils, l’unique Engendré du Père. Il est la fécondité personnifiée et vivante de Dieu. Il nous demande de l’accueillir pour que nos vies entrent dans la fécondité qui vient de Dieu. Il ne nous demande pas de L’aimer à la place des autres, mais de L’aimer pour aimer les autres. Donner à Jésus la priorité dans notre manière de penser, dans notre choix d’agir, dans notre manière d’aimer nous met de plain pied avec la puissance de vie divine. Ce que nous donnerons de nous-mêmes au prisme du Christ sera porteur de sa marque et de sa force. Cela nous engage à nous donner plus librement parce que nous le ferons avec le Christ mais aussi à ne plus douter, dans l’adversité des circonstances, de la fécondité de nos vies.

L’Eucharistie nous rappelle que Jésus nous a aimés plus que Lui-même pour que nous puissions L’aimer et aimer notre prochain plus que nous-mêmes. Par l’Eucharistie, c’est à dire par le Christ nous entrons dans cette fécondité divine où tout don parfait vient de Dieu et nous entraîne vers Lui maintenant et dans les siècles des siècles.