LA BASILIQUE

L’Esprit : don, puissance et sanctification

Pentecôte

La fête de Pentecôte révèle l’Esprit. Au cours de leur rassemblement, l’Esprit se donne aux disciples, Il déploie sa puissance et leur fait parler un langage nouveau. Autant d’étapes qui dévoilent l’Esprit

 

La fête de Pentecôte révèle l’Esprit. Au cours de leur rassemblement, l’Esprit se donne aux disciples, Il déploie sa puissance et leur fait parler un langage nouveau. Autant d’étapes qui dévoilent l’Esprit

L’Esprit donne et se donne. Il est « le dispensateur des dons » et, en même temps, le don Lui-même. Il est la lumière et Il donne à chacun des rayons de cette lumière.

S’Il se donne, si sa joie est de se donner, il nous faut toutefois le demander. Le demander, c’est reconnaître qu’un don n’est jamais un dû. C’est fondamental pour prendre conscience de la relation gratuite que Dieu veut établir avec nous. Avec la gratuité, naît la joie profonde que nous pourrons connaître. Par contre dans un marchandage avec le Seigneur (un prêté pour un rendu), aucune joie n’est à attendre. Dieu attend notre demande pour que nous fassions l’effort d’identifier nos manques et pour mieux découvrir ce que Dieu aura donné. Il sait mieux que nous ce dont nous avons besoin Il est « le Père des pauvres ». Il donnera les grâces nécessaires pour nous et pour mener le monde à son accomplissement. Il y a des grâces plus remarquables que d’autres, d’autres exceptionnelles ou très répandues, aucune n’est à négliger car l’Esprit est toujours présent dans le don qu’Il fait.

L’Esprit agit. Dans la Séquence de Pentecôte, l’Eglise lui demande de « laver ce qui est souillé, de baigner ce qui est aride, de guérir ce qui est blessé, d’assouplir ce qui est raide, de réchauffer ce qui est froid, de redresser ce qui est faussé. » Ce sont des verbes d’action qui caractérisent l’Esprit. Il est dans la Trinité le Principe d’action et de transformation. (« Il bosse »). Tous ces verbes n’épuisent pas l’action de l’Esprit mais ils disent tous une action bénéfique de puissance. Avant la Pentecôte, les disciples étaient investis d’une mission par le Christ : « De toutes les Nations, faites des disciples. » A La Pentecôte, ils reçoivent la force de l’accomplir. Nous découvrons la présence de l’Esprit par la force joyeuse qu’Il déploie ne nous. Non pas une force brutale ou passagère, mais une puissance sereine, créatrice et réparatrice.

L’Esprit sanctifie. L’action propre de l’Esprit est de communiquer qui Il est, de rendre conforme à Lui-même toute chose. L’Esprit nous permet d’entrer dans ce qui est proprement divin, la joie de se donner ; pour que nous vivions en nous donnant, pour que nous donnions ce que nous avons reçu, pour que la gratuité et l’action de grâce guident nos actes.

Pour nous le faire saisir, la prière de l’Église souligne les contrastes : « Dans le labeur, le repos ; dans la fièvre, la fraîcheur ; dans les pleurs, le réconfort. » Ces différences viennent marquer le sens de l’action bienfaitrice de l’Esprit. Il donne ce qui manque selon chaque situation, Il prépare, anticipe et réalise peu à peu « le salut final », ce dont l’homme manque totalement, la plénitude de la vie.

Il ne faut cependant pas confondre l’action de l’Esprit avec un petit coup de pouce du bon Dieu, une aide sympathique et ponctuelle. La Séquence le chante ainsi « Sans ta puissance divine, il n’est rien en aucun homme, rien qui ne soit perverti », rien qui ne soit innocent. L’Esprit est indispensable pour bien faire. Jésus nous avait prévenu : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire. » C’est pour cela qu’Il nous donne part à l’Esprit, Il ne nous laisse pas seul.

 

L’Esprit se donne, l’Esprit agit, l’Esprit sanctifie. La fête de Pentecôte nous permet de mieux Le connaître pour mieux Le reconnaître. Demandons Le au Père par le Fils pour être pleinement fils du Père, frères du Fils et temple de l’Esprit.