LA BASILIQUE

Indispensable Marie

22 déc. Avent 4

« Voici que la Vierge concevra et elle enfantera un fils. » La place de Marie dans le mystère du Salut est fondamentale. Elle n’est pas le signe d’une Église qui en ferait trop pour Marie mais bien la marque d’un Dieu qui, pour sauver les hommes, fait alliance avec eux. La place de Marie, c’est bien la place d’une création unique et d’une humanité prise au sérieux par le Seigneur.

 

 Imaginons que Dieu n’ait pas pris la peine de sauver les hommes comme Il l’a fait. Dieu aurait-il pu effacer d’un coup de crayon les conséquences la faute de l’homme ? Aurait-il pu dire que c’était un jeu qui avait mal tourné comme cela arrive dans les cours de récréation ? Quel visage de Dieu cela aurait-il exprimé ? Celui d’un Dieu qui aurait créé un monde selon des règles qui n’en auraient pas été, en fait, un monde sans vraie consistance, un monde où la nature ne serait qu’un décor de théâtre. La création n’aurait pas eu plus de consistance qu’un mauvais rêve. Quelle idée de l’homme cela aurait-il révélé ? Si les péchés des hommes (vols, mensonges, tromperies, meurtres, etc.) étaient sans conséquence et si ces actes étaient simplement gommés, c’est que l’homme serait sans importance pour Dieu et dans la création.

Le mystère du Salut dans le Christ est bien la conséquence d’une création pour de vrai ! Le monde est vraiment réel. Les lois physiques, morales et spirituelles qui le gouvernent sont de vraies lois. Le mal qui blesse la création n’est pas une illusion et la mort sans le Christ reste une tragédie.

 

Imaginons que Dieu n’ait pas pris le chemin de la Vierge, qu’Il se soit passé d’elle. Aurait-il pu se passer d’elle pour accomplir l’Incarnation du Fils Eternel ? Mais alors cette Incarnation aurait-elle été réelle ? Le messie n’aurait été qu’une sorte de Superman venu du Ciel. Un sauveur certes mais pas un homme. Il n’y aurait aucune participation de l’humanité à sa propre délivrance. Dieu n’aurait pas fait alliance avec l’humanité.

Dieu aurait-il pu aussi ne pas demander à Marie son avis, la faire instrument passif de l’Incarnation ? Comment ne pas s’aviser du consentement d’une Vierge ! Serait-ce le visage d’un Dieu d’amour que celui-ci ?

 

La présence de Marie dans le plan divin du Salut est la preuve que Dieu prend au sérieux sa création et sa créature. Marie représente la création qui contribue à sa propre délivrance. Elle est la figure de la foi qui reconnaît l’œuvre de Dieu et la gravité du péché des hommes. St Joseph apporte sa pierre à ce consentement qui rejoint, comme le suggère le songe qu’il fait, son plus profond désir de salut.

Marie et Joseph sont les exemples de l’humanité. Ce qu’ils ont fait a permis l’avènement du Sauveur. Ils nous sont donnés à imiter pour qu’à notre tour nous prenions notre part dans l’actualisation du Salut. Comme Marie et Joseph, nous avons à consentir à l’appel de Dieu. D’une manière comparable mais à la mesure de notre vocation et de notre consentement, l’Esprit nous disposera pour que le Verbe éternel prenne chair dans notre vie, pour que nos yeux voient ce monde comme Dieu veut nous le montrer, pour que notre bouche dise les paroles que le Christ veut faire résonner et pour que nos mains posent les gestes que le Christ veut accomplir. C’est ainsi que nous sentirons l’alliance que le Seigneur veut établir avec chacun de nous, c’est ainsi que ce monde fera l’expérience du Sauveur Jésus.

 

Que cette Eucharistie où nous rejoint déjà Celui qui doit venir nous donne la grâce d’accomplir, comme Marie et Joseph, la volonté de Dieu pour sa plus grande gloire et pour le Salut du monde.